Trois thèses de doctorats sont en cours dans le cadre du projet ASSESS.

Assane Gadiaga (géographe, en thèse à l’Université de Namur, en Belgique) : “Le but de ma thèse est de montrer la plus-value que constitue l’approche géographique moderne dans l’identification des problèmes de santé émergents à Dakar. Les technologies de la télédétection et des systèmes d’information géographique ont permis des avancées significatives dans la détermination de la répartition des populations et leurs activités, et offrent de très grandes possibilités en matière d’organisation et de planification sanitaire. Aussi, la téléphonie mobile, qui connaît une diffusion extraordinaire dans la société, contribue aux recherches sur la répartition de ces populations et leur mobilité dans l’espace et dans le temps. Ma recherche essaie de répondre aux questions suivantes : Quels sont les liens entre mortalité par cause et variations spatiales de densités de population, d’occupation du sol et de qualité de l’habitat ? Quels sont les impacts des migrations et mouvements de court terme sur une maladie infectieuse comme le paludisme à Dakar ?”

Atoumane Fall (démographe, en thèse à l’Université de Louvain): “Je suis convaincu de l’importance des statistiques d’état civil, et ma recherche voudrait lever le discrédit dont souffre encore le système actuel d’état civil en Afrique. Le Sénégal et, en particulier, les trois grandes villes urbaines que sont Dakar, Saint-Louis et Ziguinchor sont retenues comme zones d’études pour cette recherche. Je cherche à évaluer dans quelle mesure les données d’état civil peuvent participer au suivi des dynamiques de la mortalité. Quel est le circuit d’enregistrement et de transmission des informations relatives aux décès dans les bureaux d’état civil du milieu urbain sénégalais ? Ce circuit est-il efficace ? Quelles seraient les innovations à apporter au système d’enregistrement des décès à l’état civil au niveau de la ville de Dakar pour en faire un véritable outil de planification sanitaire ? Quelle est la couverture et le niveau de complétude de l’enregistrement des décès à l’état civil ? Quelles sont les déterminants de l’enregistrement des décès au niveau individuel, au niveau des ménages, et au niveau contextuel ? Les données d’état civil permettent-elles de mettre en évidence des inégalités selon les caractéristiques sociodémographiques de la personne décédée  (ou des membres de sa famille) ou selon son quartier de résidence dans les grandes villes?”

Khadim Niang (santé publique, en thèse à l’Université de Louvain) : “Ma recherche doctorale vise ainsi à étudier les causes de décès au niveau des structures de santé de la région de Dakar mais également d’évaluer le système de collecte et de codification de ces causes de décès en vue d’une harmonisation de leur nomenclature et de la codification. Il s’agira notamment d’évaluer l’efficacité des autopsies verbales (automatisées versus classiques) pour une meilleure codification, une meilleure standardisation des causes de décès en vue de leur intégration à l’état civil et au système national d’information sanitaire (DHIS 2). L’utilisation de ces autopsies verbales en routine pose de nombreuses questions d’ordre méthodologique, notamment en matière d’échantillonnage, d’identification du répondant idéal au sein du ménage, de délai à respecter entre le décès et l’enquête, de qualifications requises des enquêteurs, etc. “